Dans les champs asséchés du Nord du Togo, le silence des semailles a remplacé le bruit des houes. Là où régnait autrefois une vie agricole florissante, la peur sème aujourd’hui l’incertitude. Depuis plusieurs mois, les attaques terroristes récurrentes dans les régions septentrionales du Togo ont bouleversé non seulement la stabilité sociale, mais aussi l’équilibre économique des communautés rurales. Paysans déplacés, marchés déserts, production agricole en chute libre et les conséquences sont lourdes.
Dans les préfectures touchées, notamment dans la région des Savanes, des milliers d’agriculteurs ont fui leurs terres, abandonnant cultures et bétails. Ces déplacements massifs ont entraîné une baisse drastique de la production vivrière, principale source de revenus pour les familles locales. Le maïs, le mil et l’igname, produits de base, deviennent de plus en plus rares sur les marchés.
À cela s’ajoute la perturbation des circuits de commercialisation. Les routes jadis empruntées par les commerçants sont devenues des zones à risque, réduisant drastiquement l’approvisionnement des marchés locaux et régionaux. Les prix flambent, et l’insécurité alimentaire gagne du terrain. Les femmes, actrices majeures de l’économie informelle rurale, paient également le prix fort. Leurs activités de transformation et de vente des produits agricoles sont freinées, menaçant leur autonomie financière.
Malgré les efforts sécuritaires engagés par les autorités, les populations appellent à des mesures durables : sécurisation des zones agricoles, soutien économique aux déplacés, et relance des activités agropastorales.
Notons que la CEDEAO a réuni le 27 Août dernier à Abuja des chefs d’État major pour l’approbation de création d’une force de réaction rapide de 260000 hommes avec un budget de 2,5 milliards de dollars déployé pour combattre le terrorisme qui sévit dans plusieurs pays de la région.


