C’est une triste nouvelle pour le monde de musique en Afrique. L’artiste malien, grand maître de la kora est tombé après plusieurs jours de maladie et d’hospitalisation à Bamako. Toumani Diabaté, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est décédé ce vendredi alors qu’il avait 58 ans. La triste nouvelle a été annoncée par son fils Sidiki Diabaté.
« C’est Dieu qui donne la vie et qui donne la mort et c’est vers lui que nous retournons. Mon confident, mon pilier, mon guide, mon meilleur ami, mon cher papa s’en est allé à jamais », a-t-il laissé sur les médias sociaux.Maître incontesté de la kora, Toumani Diabaté était issu d’une illustre lignée de griots.
Sa carrière, jalonnée par une quinzaine d’albums, a été entièrement dédiée à la préservation et à la promotion de la musique traditionnelle malienne. Élevé dans une famille où la musique est un héritage paternel, il a commencé à jouer de la kora dès l’âge de 5 ans sous la tutelle de son père, Sidiki Diabaté, lui-même surnommé le roi de la Kora en Afrique de l’Ouest.
À 13 ans, Toumani a intégré l’ensemble Koulikoro qui a remporté le prix du meilleur orchestre traditionnel à la Biennale du Mali, puis il a rejoint l’orchestre national de son pays.Durant sa carrière, Toumani Diabaté a collaboré avec de nombreux artistes prestigieux. Il a accompagné la chanteuse Kandia Kouyaté, joué aux côtés de Ballake Sissoko, un autre virtuose de la Kora, ainsi qu’avec Ali Farka Touré, avec qui il a co-produit l’album « In the Heart of the Moon » en 2005, récompensé par plusieurs Grammy Awards.
Sa musique a transcendé les frontières culturelles en mêlant la tradition mandingue séculaire avec d’autres genres musicaux comme le blues, grâce à ses collaborations avec Taj Mahal, et même avec des artistes comme Björk et Damon Albarn, contribuant ainsi à un dialogue musical entre l’Afrique de l’Ouest et l’Occident.Toumani Diabaté laisse derrière lui un héritage musical riche et diversifié qui continuera d’inspirer et d’influencer les générations futures.


