Togo : le prix du bol de maïs passe à 1000 Fcfa

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prix du bol de maïs passe à 1000 Fcfa

 Forte flambée des denrées alimentaires de première nécessité au Togo. Après l’augmentation récente du prix du bidon de 25 litres d’huile végétale, c’est le prix du maïs qui connait une hausse significative.

Acheté jusque-là à 800 FCFA (1.22 euro), le prix du bol de maïs passe désormais à 1000 FCFA (1.52 euro) dans les marchés.

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Un tour dans les marchés d’Agoè Assiyéyé ou encore au marché d’Adidogomé Assiyéyé confirme le prix chez la plupart des revendeuses.

Certaines revendeuses de maïs à Lomé imputent la flambée des prix du maïs aux coûts d’achats onéreux du bol dans les villages et fermes agricoles de l’intérieur du pays.

D’autres revendeuses y voient une spéculation délibérément entretenue par certaines commerçantes véreuses pour se faire davantage de profits.

Il faut rappeler que le retard de la saison pluvieuse a été également un facteur dans cette flambée des prix des denrées de première nécessité.

« Mes amis agriculteurs, à en croire l’office togolais de météorologie, les pluies seront très très rares pour cette grande saison agricole de l’année. Comme il y a deux ans, on aura les mêmes problèmes de pluviométrie qui vont décimer nos semis si on n’y prend garde. Les experts proposent donc de faire très attention à ce que nous devons semer, surtout privilégier les plantes et les produits vivriers qui résistent à la rareté de la pluie », indique Anani Sossou.

« La solution serait l’irrigation. Or il s’avère que faire le forage, le drainage, acheter les matériels d’installation afin d’irriguer coûte la peau des fesses. Actuellement et en ce qui me concerne des experts qui ont été dans mon domaine m’ont envoyé un devis salé, pas moins de 4 millions. Évidemment cela tient compte aussi de la superficie cultivable. Combien sommes-nous à pouvoir débourser cette somme afin de faire vivre nos populations à travers une autosuffisance alimentaire ? Comment peuvent faire les petits exploitants, les paysans qui font une agriculture de subsistance ? », ajoute-il.

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« Le rôle de l’État est primordial et crucial. Il doit sortir la tirelire et investir massivement dans l’agriculture à travers le financement de l’irrigation. Certes il y a le projet «Pompes solaires BBOXX/EDF TOGO» subventionné par le gouvernement appelé POMPI mais il est insuffisant et le stock est déjà très limité. Il ne peut pas couvrir au-delà de 2 hectares. Mais au préalable l’agriculteur qui veut y souscrire doit lui-même faire le forage et acheter le matériel d’irrigation. Les pouvoirs publics ne fournissent que les pompes solaires subventionnées à hauteur de 50% et les prix varient entre 670.000 fcfa et 900.000 fcfa. Combien sont-ils nos paysans à se l’offrir ? », se questionne-t-il.

« La conséquence de tout ceci est que les produits vivriers vont coûter plus chers, le bol de maïs sera à un prix exponentiel, le gari, le riz, le haricot, le mil, le fonio, le sorgho, bref la famine risque de s’installer. Même les légumes vont connaître une hausse des prix. C’est en ces moments qu’on comprendra mieux l’importance du paysan dans nos assiettes », a précisé Anani Sossou.

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